Bien sûr que j’aime toujours le Togo, frère

Sourire du Togo (crédit image: www.enterretogolaise.com
Sourire du Togo (crédit image: www.enterretogolaise.com

C’est depuis Dakar, où je suis actuellement  avec une équipe de blogueurs de la plateforme Mondoblog RFI, que j’ai été informé, ce matin, par un de mes lecteurs, de la publication de l’article ci-dessous dans le site togolais www.togocity.com. L’auteur se présente comme un Togolais étudiant à Conakry, et m’accuse de ne plus m’intéresser au Togo, concentré à écrire sur le Mali.

Je n’ai jamais, alors jamais, regretté d’être togolais, et si c’est une croix que de l’être, j’accepte de la porter, aujourd’hui, demain, toujours. Il peut arriver des fois, qu’ahuri par la barbarie de la dictature qui humilie et avilit ce pays depuis cinquante ans maintenant, je sois contraint d’user de mots très durs pour décrire ce bout de terre si magnifique, et dont le seul malheur a été d’avoir croisé un militaire analphabète en manque de repères. J’aime le Togo, mon pays, je l’aime plus que tous les pays au monde. Et s’il arrive des fois que mon engagement pour la cause de ce merveilleux pays chancelle, ce n’est pas à cause d’un désintérêt. C’est juste parce que j’observe toutes les horreurs qui s’y passent si fréquemment, pour mieux en parler.

Je viens de découvrir Dakar, la capitale sénégalaise, et comme toutes les capitales des pays africains, comme Lomé la capitale du Togo, Dakar a ses merveilles et ses horreurs, ses joies et ses peines, ses regrets et ses réussites. Une raison supplémentaire pour que j’aime mon pays, le Togo.

C’est pourquoi je réponds à mon cher frère qui m’interpelle sur mon engagement au Togo, que je suis toujours togolais, et toujours je me battrai pour la bonne cause dans ce pays. Comme le dirait l’autre, je suis togolais, et très fier de l’être. Aujourd’hui, demain, toujours.

Lettre ouverte à David Kpelly et aux activistes du net au Togo 

Mon frère David Yao Kpelly, Je suis un Togolais originaire de la préfecture du Zio comme vous. Mon prénom est Agbéko, et je préfère garder mon nom, pour ma sécurité. J’habite à Conakry, en Guinée, depuis 3 ans, et je suis étudiant à l’université de Conakry. C’est avec un grand regret que je vous adresse cette lettre publique que j’aurai voulu vous adresser en privé. Malheureusement, je n’ai pas eu votre adresse électronique, et je pense aussi que c’est bon que je vous adresse cette lettre en public, sur les sites où vous écrivez vos articles, pour que vous compreniez l’urgence de la situation.

Cette lettre est aussi adressée à tous les activistes d’Internet togolais, vous qui vous battez à travers vos articles pour que le pays le Togo devienne un pays démocratique. Je vous ai spécialement choisi pour vous envoyer cette lettre parce que vous êtes sans doute l’un des jeunes internautes togolais les plus talentueux, pour ne pas dire le plus talentueux.

L’objet de ma lettre est votre désintérêt vis-à-vis de ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays le Togo, dans le monde des journalistes. En quelques semaines, beaucoup de journalistes togolais ont été menacés et muselés par des hommes identifiés ou pas, et qui ne sont que des bras du parti au pouvoir, ces vampires qui dirigent le Togo, et qui sont prêts à terroriser tout le peuple pour s’éterniser au pouvoir et spolier les richesses du pays. A l’approche des élections législatives organisées dans de très mauvaises conditions, ce pouvoir diabolique cherche encore à faire taire les journalistes et à créer un état de terreur dans le pays, pour contraindre tout le monde au silence, et favoriser un hold-up électoral. Cela a toujours été la stratégie de ce pouvoir dictatorial et familial des Gnassingbé appuyé par l’armée corrompu de notre pays.

Monsieur David Kpelly, malheureusement, c’est cette période que vous avez choisi pour garder le silence, vous qui écrivez si bien sur nos problèmes et qui faites passer les messages de manière très claire. J’ai fait un tour sur vos blogs et je vois que vous n’êtes maintenant préoccupé que par le Mali et la Guerre au Nord, parce que vous vivez dans ce pays. Est-ce pour cette raison que vous ne devez plus écrire sur votre pays, même quand des assassins agressent et maltraitent vos frères et confrères ? Si vous qui savez écrire et pouvez faire bouger les choses vous vous taisez devant le malheur de vos frères, que voulez-vous que notre pays devienne ? Seriez-vous devenus malien parce que vous habitez au Mali ? Les problèmes du Togo ne vous concernent plus ? N’avez-vous pas votre famille au Togo ? Ces journalistes frappés ne sont-ils pas vos frères ? Est-ce que vous ne retournerez plus jamais au Togo ? Serez-vous prêt à revenir vivre et écrire dans un pays où on écrase les gens pour avoir dénoncé des choses qui ne vont pas bien ?

Monsieur Kpelly, je ne suis qu’un jeune Togolais épris de justice et qui aime son pays. Mais je me sens en droit de vous interpeller pour que vous mettiez votre talent au service de vos frères. Cette lettre porte votre nom, mais elle est aussi adressé à tous les Togolais de la diaspora qui peuvent écrire et faire changer les choses dans notre pays, l’or de l’humanité sali par des vampires.

J’espère que vous la lirez, et que vous ne m’en voudrez pas. Je veux juste que notre pays se porte mieux, pour le bien de nous tous. De la part d’un de vos compatriotes et  fidèles admirateurs qui vous apprécient énormément.

Merci. Que vive notre beau pays.

Agbeko

PS: L’article a été publié dans le site www.togocity.com sous le lien: http://www.togocity.com/spip.php?article7952

22 réflexions au sujet de « Bien sûr que j’aime toujours le Togo, frère »

  1. Cher David, on reconnaît l’effort que tu fais, mais ce n’est pas suffisant, tous les jeunes togolais attendent que tu parles pour la jeunesse togolaise. Tu crois que c’est peut-être une responsabilité trop lourde, mais quand on est un leader d’opinion, quelque que soit l’âge, on assume les responsabilités.
    Courage

    1. Chère Elvire
      Je ne pense pas être la bouche des jeunes togolais. Le Togo est un combat qui nous engage tous. J’en fais ma partie, comme je le peux. Pour le reste, cest à chacun d’assumer sa togolité, je crois.
      Amitiés

    1. Nos stylos, cher Essenam, nous les prenons chaque fois que nous pouvons. Pour notre pays. Nous sommes togolais, mais nous vivons dans différents environnements que nous ne devons ignorer. Le Mali ma adopté, quand je ne me sentais plus au Togo, et la moindre des choses est de lui conssacrer ma plume quand je pense qu’elle en a besoin.
      Amitiés, ma chère.

  2. Ah laissez David,respirer un peu.Que chacun porte sa croix.Il ne peut pas faire le boulot tout seul.A la diaspora togolaise:le pays compte sur vous aussi. Dur,dur d’etre un modèle pour cette belle jeunesse togolaise,hein David.

    1. Chère Rita, je comprends mes frères, quand ils me demandent de prendre la plume pour le Togo, ce que j’ai toujours fait d’ailleurs. Mais dire que je ne dois parler que du Togo, c’est ce qui m’inquiète un peu. Je crois quon ne peut normalement pas me reprocher de m’être détourné du Togo, je fais de mon mieux. Et si je parle de temps en temps du Mali, ou même très souvent, ce n’est pas parce que je n’aime pas le Togo, j’observe juste.
      Amitiés, maman.

  3. Je comprends un peu notre cher frère étudiant vivant à Conakry mais je crois qu’il faut que chacun joue sa partition. L’avenir du Togo, ce n’est pas l’affaire d’une personne mais de chacun.

    Comme le dirait quelqu’un: FAIS TA PART!

    Pas facile, je reconnais mais courage à nous tous et apprenons à apprécier le peu que les autres font au lieu de toujours les critiquer surtout quand nous autres nous ne faisions pas grande chose pour changer les choses. Le changement ne viendra pas des autres mais de chacun!

    David toi aussi écrit beaucoup sur le Togo au lieu d’écrire un peu seulement! hayiiiiiiii! Sinon tu risque de voir ta nationalité t’être retirée loooooooo! annnnnnn!

    Bon week end à tous

  4. Tu sais David il peut arriver que des gens qui te suivent ne te comprennent pas. C’est normal de parler des problèmes de son nouveau pays. Parler du Mali c’est bien. E c’est aussi bien de ne pas oublier son Togo natal comme tu le déclame si bien dans ton article…

  5. Cette lettre ne s’adresse pas à toi seul. Il interpelle plus: tous les activistes dont il pense ne plus comprendre. Peut-être qu’il se trompe ou que tu dois revoir ta vue sur ton blog. Merci de l’avoir partagé avec nous.

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