Les célibats du général Koyaga et autres losers

Militaires, Losers N° 1 (Crédit image: www.defense.gouv.fr)
Militaires, Losers N° 1 (Crédit image: www.defense.gouv.fr)

Le Top 5 des métiers qui font fuir  les Africaines

Il y a quelques jours, en faisant un tour sur les pages Facebook de mes amies – oui, ça m’arrive, je suis tombé sur un article qui recense les cinq premiers métiers qui font craquer les femmes. Hein ! En célibataire qui se respecte, mon sang n’a fait qu’un seizième de tour. Sait-on jamais, hein ? Il faut séduire, séduire et séduire, la femme idéale est quelque part dans le lot !

L’article a classé les cinq métiers qui font le plus fantasmer les femmes, et on y retrouve des métiers comme le journalisme, la cuisine, la chirurgie… Le classement m’a donné une idée, et j’ai fait mon propre classement, mais à l’envers, c’est-à-dire les cinq métiers qui actuellement dégoûtent le plus nos filles africaines. Je me suis basé, à travers une enquête d’une semaine, sur un échantillon formé de Maliennes, de Togolaises, de Sénégalaises, de Tchadiennes, de Gabonaises, de Congolaises, de Camerounaises… Il y en avait de toutes les catégories sociales et de toutes les moralités : des étudiantes, des commerçantes, des professionnelles, des femmes au foyer, des chômeuses, des domestiques, des chasseuses de grotos, des infidèles-de-nature, des viens-faire-vite-et-donne-moi-mille-francs, des j’ai-fait-un-enfant-mais-tu-vois-que-je-suis-toujours-sexy-hein…

Bref, suite à mon enquête sur cet échantillon de filles aussi hétéroclite que les femmes d’un commerçant malien – la première a soixante-dix ans et la quatrième treize ans, je suis arrivé au hit-parade ci-après des cinq jobs qui actuellement font le plus fuir les jeunes filles africaines.

1- Le Militaire

 « L’uniforme attire », a-t-on l’habitude d’entendre dire. Mais attire quoi donc ? En Afrique, si on demande de compléter cette phrase, la majorité la complètera avec « la haine des civils ». L’adage devient donc en Afrique « L’uniforme attire la haine des civils ». Soit. Nos militaires, à force de vouloir défendre des régimes vomis par les peuples, à force de répressions et barbaries commises sur de pauvres populations sans défense, ont fini par s’attirer une profonde haine des civils. Etre militaire ici signifie désormais être barbare, violent, sans cœur… avec les civils. Et quand, par un hasard, éclate une presque-guerre et qu’on les envoie faire leur travail, combattre… Heum ! Bonjour la fuite devant l’ennemi. Heureusement qu’il y a les militaires français pour nous aider à protéger nos pays. « Femme va faire quoi avec homme en treillis qui ne sait que frapper et tuer, hein », m’a dit avec dédain une Ivoirienne.

2- L’Enseignant

On dit que c’est un métier noble, l’enseignement. Un de ces slogans creux que les losers s’inventent pour se donner du tonus, des slogans du genre « l’ Afrique est le berceau de l’humanité ». Oui, mais qui veut aujourd’hui se coucher dans ce berceau, hein ! L’enseignement, un métier noble ! Oui. Mais nos filles en ont leur propre idée. Dans l’enseignant, ce qu’elles voient, c’est un hère qui vieillira avant l’âge, les yeux abîmés de myopie, de presbytie, de glaucome… à force de flâner dans les encyclopédies et tomes, endetté jusqu’à la rétine, parce qu’il a bénéficié, après vingt ans de services, d’un prêt de trois cent mille francs Cfa pour acheter une moto chinoise, un prêt qu’il ne remboursera pas avant sa mort prématurée. Enseignants, voilà pourquoi quand vous vous présentez aux filles, elles sourient, par respect, vous disent que vous exercez le métier le plus noble… et… et… tout pour vous faire plaisir, mais quand vous les rappelez le jour suivant, elles éteignent leur téléphone. Ce n’est pas parce que vous ne leur avez pas plu, c’est parce que vous êtes enseignant.

3- L’homme d’affaires

Le terme est dangereux, et il le devient plus quand il est en anglais « business man ». En Afrique, ce terme est devenu un fourre-tout qui englobe le vol, l’escroquerie, le faux et usage de faux, les détournements de fonds, le trafic d’organes humains… tous ces chefs d’accusation affichés devant les procès pénaux dans les tribunaux. Les grands « business men » dans nos pays sont les anglophones, Nigérians et Ghanéens, mais aussi des francophones émancipés, les Congolais, les Ivoiriens, les Camerounais… « L’homme d’affaires, c’est un criminel ou un voleur qui n’est pas encore en prison », m’a défini une Malienne. Et nos filles, qui aiment toutes les destinations de vacances sauf la prison et les commissariats, préférèrent limiter leurs relations avec ces sombres dealers à de furtifs rendez-vous dans des chambres de passe. Pas plus.

4- Le Conducteur de taxi ou de taxi-moto

C’est un martyr. Toute la journée, il supporte les injures et caprices de ses clients qui ne le considèrent pas plus qu’un gueux, et les multiples humiliations de son engin chinois qui tombe en panne en pleine circulation à chaque deux kilomètres sans crier gare, exposant son conducteur aux colères des autres usagers.  Gavé d’injures, énervé, humilié, révolté, et surtout fatigué, le conducteur de taxi ou de taxi-moto revient à la maison le soir pour s’écrouler dans son lit comme un cadavre. Et celui qui a passé toute la journée à démarrer son engin chinois n’arrive pas à démarrer soi-même au lit – malgré la grande quantité de « nyagan po ball », ce terrible comprimé dopant des ghanéens dont le nom signifie « la vieille femme qui joue au ballon » -, ses hanches étant réduites en pièces détachées par l’état désastreux de nos routes. Et comme les femmes acceptent tout sauf un tronc d’arbre à la place d’un mari au lit, eh bien…

5- Le Vieux clou (le Fauregnassingbé)

Bien sûr que c’est un métier, le vieux clou. Certains l’appellent, ce métier, le fauregnassingbé en référence à l’un des pratiquants les plus adroits du métier. Le métier du vieux clou consiste à être célibataire à un âge avancé, quarante ans et plus. Nos filles ne sont pas dupes, elles connaissent ce proverbe togolais qui stipule qu’une mère poule ne se retrouve pas au marché pour être vendue sans raison, soit elle ne couve pas bien ses œufs, soit elle ne prend pas soin de ses poussins. Etre célibataire à quarante ans en Afrique, avec les pressions de la famille, des amis, des amis de la famille, des familles des amis, des voisins, des collègues… être célibataire à cet âge avancé en Afrique, les filles savent que ce n’est pas gratuit. Soit on est un tireur en série, un collectionneur de vierges alignant sur son tableau de chasse ses milliers de conquêtes, incapable d’en choisir une, soit on est un zozo chiche qui ne veut pas partager ses pécules avec une femme, soit on est – et c’est là l’hypothèse la plus dangereuse, soit on est… euh, on est…hum, on est aie… on est comment maaaaaaaannnn ? On est éteint, froid, on ne s’allume pas héloooooooooooouuu !

Une amie congolaise m’a lancé la fois passée : « David, à presque trente ans t’es là à jouer à ton jeunot, ne pensant pas au mariage. Reste là, dans dix ans, tu verras que toutes les filles te fuiront. Elles déduiront que si tu es resté célibataire à quarante ans, c’est que tu es un coureur de femmes, ce que tu n’es pas, ou un pingre, ce que tu n’es pas, ou, pire, un impuissant en bas, là je sais pas, j’ai pas vérifié. »

Note: Le général Koyaga est le personnage principal du roman « En attendant le vote des bêtes sauvages  » de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma. Koyaga, qui ressemble étrangement à feu dictateur togolais Eyadema, n’était pas célibataire, lui. Au contraire!

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17 réflexions au sujet de « Les célibats du général Koyaga et autres losers »

  1. David Kpelly, vous êtes sous arrestation pour avoir fait rire quelqu’un dans une chambre d’hôpital. Seriuex, j’étais parti à l’hopital rendre visite à un ami malade quand un ami m’a envoyé le lien sur twitter. J’ai commencé à lire et j’ai pouffé de rire devant le malade, malgré mes efforts. Comment lui expliquer? Oh, David, David kpelly, quel humour!

    1. Ok, voici mes mains, cher Kao, mets-moi les menottes! Et tu auras un deuxième malade plus ton ami maintenant sur e lit d’hôpital. Bah, qu’est-ce que tu crois, même pour un provocateur les menottes c’est pas des bonbons!
      Amitiés!

    1. Serge, c’est parce qu’ils sont frustrés! Les gens ne les respectent pas, ils vont faire comment? Il se vengent en insultant à leur tour! Qui trompe qui, hein, qui va battre qui?

  2. Et la profession qui fait maintenant le plus craquer les nanas est… Celle du blogueur africain talenteux, avec comme patron, mister David KPELLY! Ton blog est un trésor, tonton.

  3. Hé hé hé, Dévé, tu reviens. L’article m’a donné une idée et m’a fait prendre une décision: je veux demander le divorce. Si si si, avec toi. Je ne veux plus être ta femme. Comme tu es enseignant, et que ta profession ne me fait pas craquer, plutôt me fait fuir. Rendez-vous lundi chez le juge! Ah, ah, ah, ça fait toujours du bien de te lire, PAPA.

  4. hummmmmmmmmmmmmm très delicat le dernier metier que nous n’aimons pas bien sùr.à 40 ans ce n’est pas la peine de t’approcher. ben david j’ose croire que cette derniere partie ne te concerne pas directement sinon je te conseille comme c’est dans nos habitudes de courir en chercher sinon je peux t’en reserver une ici au natal seulement qu’elle ne sera pas une gnassingbe de carte……………………………………….MDR

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