Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Quatrième Partie)

 

Jeune homme africain (Crédit image: www.123rf.fr)
Jeune homme africain (Crédit image: www.123rf.fr)

(Quatrième Partie)

Résumé de troisième partie : Le héros, Karim Diallo, la trentaine, gigolo devant Dieu et devant  les femmes âgées, se rappelle les moments forts de sa carrière, notamment son aventure, au lycée, avec sa prof d’allemand.

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Karim Diallo, le peuhl, et sa vache, sa prof d’allemand, s’étaient aimés pendant presque six mois. Mais, jouissances après ébats amoureux, ébats amoureux après caresses, caresses après mots doux, la jeune prof d’allemand avait fini par retrouver ses vraies envies de femme, les braises du désir qui s’étaient endormies en elle avec les déceptions amoureuses recommençant à s’activer. Elle avait recommencé à vouloir d’un homme avec qui vivre, à rêver mariage. Et un matin, en regardant dans la glace de sa conscience, elle avait remarqué que le jeune peuhl, son amant, même s’il avait des coups de reins aussi puissants que ceux d’une star de porno en quête d’un rôle majeur dans une superproduction, restait son élève, un élève trop jeune, un élève trop nul en classe, dont l’avenir ne présageait rien de potable. Elle voulait d’un homme épousable. Et elle mit fin, un soir, à sa relation avec le jeune puissant étalon peuhl. La grosseur des testicules ne fait pas d’un chevreau un bouc, sagesse des anciens.

Le gigolo junior, fort de son expérience de six mois avec une femme plus âgée que lui, avait pris confiance en lui-même, et s’était découvert des vrais talents cachés au lit. Car il y avait une chose dont il était sûr, si sa prof d’allemand l’avait laissé tomber, ce n’était pas parce qu’il était mauvais au lit, ah ça non ! On n’apprend pas à un peulh à consoler puis traire une vache, de surcroît une qui pleure. Son amante l’avait toujours félicité en le taquinant après leurs parties chaudes : « Karim, tu sais, tu as tout ce qu’il faut au lit pour combler une femme. Dieu sait si bien faire les choses, il t’a mis dans le phallus tout ce qu’il ne t’a pas mis dans la tête. Tu es aussi formidable au lit que tu es bouché en classe. Ton phallus te servira mieux dans la vie que ta tête.»

Il avait échoué au bac cette année avec une moyenne très minable, trois au lieu de dix pour passer et avait été exclu de son lycée. Le proviseur, dragueur infortuné de son ancienne amante, la prof d’allemand, et qui à un moment avait été mis au parfum de leur idylle, avait pris un savoureux plaisir, avec cette grande jouissance que donnent les revanches qui viennent au bon moment, de lui mettre sur son bulletin de fin d’année une observation du genre : « Elève taré qui ne comprend rien dans aucune matière. Ne doit être accepté dans aucun autre lycée car ne pouvant jamais réussir au bac. » Il n’avait pas regretté une seule seconde les salles de classe. Ce n’était pas son élément. Il n’était pas venu au monde avec un stylo en main, mais un phallus en érection. C’était un signe. Il devait utiliser son don. Le phallus. Rien que ça. Il allait devenir un gigolo professionnel, gagner sa vie en satisfaisant les envies érotiques des vieilles femmes, avait-il décidé une nuit.

En quelques jours, grâce à Internet et certains de ses amis spécialistes des nuits, il avait réussi à collecter les adresses des plus grands coins de débauche de Bamako, et avait même découvert, par les rumeurs, l’existence de deux obscurs et curieux clubs, AFALDEBRAM : « Association des femmes âgées libres, décomplexées et branchées du Mali » et FACHAUMA « Femmes âgées mais chaudes du Mali », deux groupes de vieilles nymphomanes de la soixantaine et plus, recyclées à coups de mélanges cosmétiques chinois et nigérians, qui prenaient d’assaut, chaque nuit, les boîtes de nuit et maquis bamakois, à la recherche de jeunes hommes bio suffisamment vigoureux pour aller chercher aux confins des restes de leurs défunts clitoris un semblant d’orgasme pour titiller les égos de leurs libidos atrophiées.

Plus à l’aise qu’un ouvrier chinois dans une boîte de strip-tease ghanéenne, Karim Diallo s’était très rapidement fondu dans la masse du dévergondage sexuel, ayant réussi juste après trois jours à mettre la main sur une sexagénaire, Youma Sangaré – peuhle comme lui, se présentant comme une pauvre veuve traumatisée après la mort de son mari par sa belle-famille, et décidée, disait-elle, à manger la vie avant de mourir, pour rattraper toutes ces années de privation et de frustrations qu’elle avait subies au foyer de son défunt mari. Dès leur première partie chaude, Karim Diallo, avec l’agilité d’un policier togolais lançant des gaz lacrymogènes à des étudiants, l’avait tellement tournée, retournée, tourneboulée, retourneboulée qu’elle avait joui en hurlant : « Oooohhhhh, Karim mon bébé, demain matin je te fais un chèque de cinq cent mille francs, tu es trop top, ooohhhh Kariiiiimmmm ! » Il avait eu son chèque de cinq cent mille francs le lendemain, et la clé d’un scooter chinois une semaine après. Un ange, la vieille-jeune Youma.

Mais il y avait eu ce jour où, alors qu’il était, une longue cravache en main, en train de cravacher sa jeune jument de soixante ans, avec la même hargne qu’un patron libanais chevauchant sa domestique africaine, le fils aîné de la vieille barbaque, informé de la nouvelle relation honteuse de sa mère, avait fait irruption dans la pièce après avoir défoncé la porte, s’était jeté sur lui avec la rage d’un fauve affamé, et avait commencé à lui asséner de violents coups de poings dans le ventre, partout sur le visage, et, pire, sur les couilles, malgré les cris de rage de sa mère qui hurlait, paniquée : « Oumar, laisse ce garçon, je te dis de laisser ce garçon, qu’est-ce que tu crois, hein, tu crois qu’il était en train de me faire quelque chose, hein, eh bien, tu te trompes, dis-moi, qu’est-ce que moi, ta mère, une femme de soixante ans, je peux faire avec un si jeune garçon qui peut être mon petit-fils, hein, non, c’est un gynécologue, il était juste en train d’introduire en moi un produit pour guérir mon cancer du col de l’utérus, je te jure, le Prophète, Paix et Salut sur Lui, m’est témoin, wallahi, je ne faisais rien de grave avec ce garçon, eh bien, est-ce que tu écoutes ce que je te dis, hein, si tu ne laisses pas ce garçon sur-le-champ je vais aller prendre le Coran et lire un verset pour te maudire, fils rebelle… » L’infortuné gigolo réussit à se sauver de la pièce, n’ayant pour toute couverture pour ses couilles presque réduites en foufou que ses deux mains.

A suivre…

Note : Le titre de la nouvelle « Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval » est un proverbe du peuple éwé, peuple vivant au Togo, au Ghana et au Bénin. Le proverbe signifie que la plupart des malheurs d’un homme proviennent de lui-même.

 

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12 réflexions au sujet de « Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Quatrième Partie) »

    1. Merci ma chère. Je viens de faire un tour sur votre site. Super. Je l’ai aussi partagé sur ma page Facebook. Pour la collaboration, ce sera avec plaisir. Odeurs du Togo! On garde le contact.
      Amitiés.

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