Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Cinquième Partie)

Jeune homme noir avec des dreadlocks (Crédit image: www.afrocoiffure.blogspot.com)
Jeune homme noir avec des dreadlocks (Crédit image: www.afrocoiffure.blogspot.com)

Résumé de la quatrième partie : Le héros, Karim Diallo, la trentaine, gigolo devant Dieu et devant  les femmes âgées, se rappelle les moments forts de sa carrière, notamment sa mésaventure avec la vieille Youma où ses couilles furent pilées comme du foufou.

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Karim Diallo s’était retrouvé à l’hôpital pendant deux mois, les docteurs ayant eu de très grandes difficultés pour remettre en ordre l’assiette de tchep dien sénégalais qu’était devenu son entrecuisse. La première semaine de son hospitalisation, son moteur avait refusé de démarrer, restant aussi froid que le museau d’un chien même devant les films pornographiques chinois les plus chauds qu’il regardait dans son téléphone portable pour allumer son excitation. Il avait passé les sept jours de ce périple à pleurer, se rappelant cet adage d’un de ses grands-pères qui stipulait qu’un homme impuissant en bas est aussi vulnérable qu’une tortue sans carapace, aussi méprisable qu’un lion sans griffes, aussi ridicule qu’un caïman sans dents. Les docteurs l’avaient rassuré, lui affirmant que ça allait finir par revenir, que ses nerfs n’avaient pas été complètement touchés, qu’ils allaient très rapidement recommencer à travailler et son serpent à se dresser à la moindre tournure de hanches insolite d’une femelle.

Dix jours d’hospitalisation et des centaines de films obscènes après, il avait retrouvé son érection, et bien qu’elle fût aussi lente que celle d’un octogénaire nigérien veuf, aussi faible que celle d’un diabétique hypertendu, il avait remercié Allah dans Sa très grande Miséricorde, se réconfortant avec le dicton « Caleçon troué vaut mieux que fesses nues ». Une érection, aussi faible, lente, et timide soit-elle, reste une érection. Allah soit loué ! Puis, avec les soins, elle était progressivement revenue, se solidifiant au fil des jours, cette satanée érection qui avait failli le trahir. Les morceaux de couilles, eux, avaient mis plus de temps à se recoller. Il avait quitté l’hôpital avec le ferme serment de désormais savoir canaliser sa libido et réserver ses puissantissimes coups de reins à sa future femme.

Mais le serment n’avait duré que quelques semaines, le gigolo ne se nourrissant pas de serment et d’eau fraîche. L’étalon peul avait recommencé à fréquenter les coins nocturnes chauds, traquant les vieilles nymphomanes et leurs portefeuilles avec la même détermination qu’un islamiste paumé sahélien à la recherche d’un Français perdu dans le Sahara. Il avait laissé Youma la généreuse, sachant pertinemment que le jour où son anti-balaka de fils le surprendrait encore en train de la chevaucher, il ne se contenterait plus seulement de préparer du hamburger avec ses couilles comme il l’avait fait la première fois, mais les lui trancherait tout simplement comme on castre un mouton. On lui avait, d’ailleurs, conseillé un nouveau segment de vieilles nymphomanes, exigeantes, certes, mais qui payaient extrêmement gras, et en devises étrangères. Les vieilles touristes blanches.

Les vieilles touristes blanches, cette horde hétéroclite composée en grande partie de nymphomanes ménopausées qui s’abattent, comme des gnous affamés, sur l’Afrique pendant les vacances, à la recherche, disent-elles, de merveilles exotiques, alors que le seul exotisme qui les intéresse sur place, pour lequel elles sont venues, se trouve dans les coups de reins de ces jeunes hommes africains musclés de la poitrine et du phallus, poilus comme les couilles d’un bouc, capables, avec quelques feuilles de haschich dans les narines, de faire jouir une momie de dix siècles.

Karim Diallo, après s’être fabriqué à la hâte des dreadlocks – les vieilles touristes blanches nymphomanes ayant une affection particulière pour les rastas, les rappeurs, les danseurs et tout saltimbanque équivalent, pourvu qu’il sache suffisamment se droguer pour suffisamment les satisfaire, Karim Diallo, après s’être, donc, fait rasta, avait réussi à en dénicher une, une très jeune Italienne de 64 ans, venue au Mali, disait-elle, explorer le vaste et magnifique pays Dogon. Un pays Dogon qui s’était limité à son hôtel de Bamako où Karim Diallo l’avait rencontrée un soir, l’avait draguée pendant une dizaine de minutes, l’érection à fleur de phallus, avant de la faire monter dans sa chambre à elle, lui montrer sous des draps douillets le vrai pays Dogon que la plupart de ses sœurs se bousculaient pour venir visiter au Mali toutes les vacances.

Charmée par ce pays Dogon inimaginable, l’Italienne avait demandé à Karim de rester avec elle à l’hôtel durant les six semaines que devait durer son voyage au Mali, pour lui faire découvrir le pays Dogon toutes les heures, contre quelques dizaines d’euros par jour. Le gigolo avait accepté l’offre avec joie, et ensemble ils avaient fait un énorme stock de préservatifs, de lubrifiants et de Viagra, de quoi découvrir tous les coins et recoins du pays Dogon pendant six semaines. Mais une nuit, durant leur cinquième semaine de vie commune à l’hôtel, après une chaude séance de redécouverte du magnifique pays Dogon, l’Italienne avait sorti de ses affaires un godemiché aussi gros qu’une amulette dogon, aussi dur que le flanc d’une montagne dogon, et avait demandé à Karim de s’agenouiller sur le lit, c’était son tour à elle de lui faire découvrir leur pays Dogon d’Italie ! Le gigolo peul, n’ayant aucune envie de connaître le pays Dogon d’Italie, avait détalé, traversant tout le hall de l’hôtel, une serviette autour de la hanche, en hurlant : « Non pas ça, je suis hétéro, non pas ça, je suis hétéro… »

Après ce nouvel accident de travail, le gigolo avait tracé sur le segment des touristes blanches, et était retourné vers les nymphomanes noires, l’urine revenant toujours couler sur la cuisse après ses errances. Deux semaines après, il avait fait la rencontre d’une jeune femme d’affaires sénégalaise de 66 ans, Mame Thiam, ancienne épouse d’un ministre du président Senghor reconvertie en femme d’affaires et cougar après la mort de son mari. Elle venait une ou deux fois par an faire des affaires à Bamako, et le contrat était que Karim la détende durant ses séjours dans la capitale malienne. C’était, justement, chez elle que le gigolo peul se rendait ce midi. Elle attendait à l’hôtel.

A suivre…

Note : Le titre de la nouvelle « Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval » est un proverbe du peuple éwé, peuple vivant au Togo, au Ghana et au Bénin. Le proverbe signifie que la plupart des malheurs d’un homme proviennent de lui-même.

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12 réflexions au sujet de « Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Cinquième Partie) »

  1. Tu es un Phénomene, mon frère.

    Tu racontes de facon si naturel, si vrai, qu’on pourrait presque croire que, Karim Diallo et Kpelli sont en effet une et la même personne.

    Bravo depuis Stuttgart

    1. Ha ha ha, cher Debellahi, le problème du Nigérien? On va le lui demander, mais va d’abord falloir que je vérifie s’il n’a pas son couteau de berger! Parce qu’affaire de Nigérien et son couteau-là! wait and see!
      Amitiés!

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