« Ah Zidane ! » ou l’ininterrompue danse de Faure Gnassingbé

Zinedine Zidane (Crédit photo: Oleg Dubyna)

Depuis hier, suite à l’inattendue démission de Zinedine Zidane à la tête de l’équipe du Real de Madrid, on lit beaucoup de Togolais faire un rapprochement entre le geste de la star du foot français et le président togolais Faure Gnassingbé. Ils demandent au second de prendre exemple sur le premier en quittant les choses à temps. Cette comparaison paraît tirée par les cheveux.

Zidane, à qui tout ou presque réussit, fait partie de ces humains que les victoires ont poussés à avoir un sens très élevé de l’honneur. Malgré toutes les raisons qui peuvent se cacher derrière sa démission, les humains que nous sommes savons que Zidane a décidé de quitter cette équipe sur la gloire qu’il y a laissée au lieu d’y rester pour finir par affronter d’inévitables défaites. Car la vie a toujours eu ce poisseux caprice de finir par nous humilier sur les lieux des victoires que nous persistons à ne pas quitter assez vite.

Interrogeons l’Histoire et nous verrons que les hommes qui ont tranquillement quitté  au moment où on ne s’y attendait pas sont généralement des héros préférant s’en aller avec l’auréole qu’ils ont autour de la tête plutôt que de finir par la perdre en restant. Nelson Mandela s’est contenté d’un mandat présidentiel en Afrique du Sud après avoir convaincu le monde de son combat contre l’apartheid. Au Ghana, tout près du Togo, J.J Rawlings a, sans tapages, laissé le pouvoir, déifié par les Ghanéens, après avoir démocratisé le pays.

« A force de vouloir continuer à danser, même le meilleur danseur finit par se retrouver sans acclamateur », dit le proverbe éwé-mina. Oui, mais si le danseur est mauvais et n’a pas d’acclamateur, que perd-t-il en s’entêtant de rester ? Rien. Si ce n’est, au contraire, l’espoir qu’il a qu’en continuant de danser, il finira par avoir un, deux, quelques acclamateurs pour le féliciter et, qui sait, l’admirer.

Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir dans un festin de félins, dans le sang d’un millier de Togolais, défendant ce pouvoir depuis 15 ans tel une hyène, sur les charognes des Togolais, n’a jamais eu aucun honneur à défendre, aucune auréole qu’il met en jeu en s’entêtant de rester. Le mauvais danseur, sans acclamateur, continuera plutôt de danser avec l’humain espoir de finir par être accepté, en oubliant, hélas, que le régime qu’il représente porte en lui-même les graines de la haine que lui vouent les Togolais, et que plus il restera plus l’adversité des Togolais montera contre lui.

Non, le mauvais danseur togolais ne mettra pas fin de son plein gré à son tango de la mort, comme nous voulons le rêver.  Il a déjà subi toutes nos humiliations, nos haines, nos injures… notre désaveu. Il danse maintenant avec le rêve de devenir ordinaire, trivial à nos yeux, pour que nous finissions par le laisser. C’est à nous, Togolais, de le faire sortir de la piste de danse par tous les moyens. Tous.

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