Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (dixième partie)

K2 fut enfermé au commissariat, et passa une nuit blanche parmi une bande hétéroclite de détenus : un voleur de moto jakarta, un Ibo accusé d’avoir assassiné un bossu pour lui ôter du mercure de sa bosse, un Ivoirien trentenaire et un Congolais du même âge arrêtés, la veille, dans une boîte de nuit alors qu’ils se battaient à mort, pour une pute togolaise, par bouteilles de Coca cassées interposées, un Maure soupçonné d’être un espion de la rébellion touarègue à Bamako,

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Septième partie)

Une « Made in Dubaï », ça ne se caresse pas comme ça. Une « Made in Dubaï » pur jus, la Matou. Depuis trois ans qu’il la connaissait, Kader Konaté n’avait jamais vu ses cheveux naturels qu’elle rallongeait avec des mèches brésiliennes ou indiennes, ou s’arrangeait à cacher sous des perruques tellement broussailleuses qu’elles rendraient jalouses celles de la femme de Paul Biya.

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Cinquième partie)

Karamoko Coulibaly, Allah Le Miséricordieux et son Prophète lui sont témoins, n’est pas un marabout, euh, un prophète à faire les choses à moitié. Aussi, quand Kader Konaté, les larmes aux yeux, finit, ce soir, de lui exposer l’humiliation dont l’avait couvert sa femme « Espace Schengen », et proposa la sanction qu’il avait retenue contre elle, le « cadenassage », le prophète Coulibaly se leva en rage, se saisit de sa queue de cheval, mythique objet qu’il secouait quand il invoquait ses partenaires les esprits, se fondit en incantations, faisant succéder les noms d’Allah, de Mahomet et de petits dieux du désert malien dans un mélange aussi hétéroclite que risible.