5 mars 2011

Militaires… togolais, on vous hait !

Messieurs, on vous hait!

« Moi je suis militaire, oui militaire togolais…officier des FAT… » Cette phrase inachevée, la quasi-totalité des Togolais l’aurait ainsi complétée « … Et je peux te créer de graves ennuis, te détruire complètement dans ce pays… » Mais dans le mail qui m’a été envoyé ce mercredi 02 mars 2011 par un officier des Forces armées togolaises qui venait de découvrir mon blog Castigat ridendo mores, elle se complète ainsi « … dure la vie d’officier togolais ».

Dans mon article Je déteste les militaires, mon fils !, que mon lecteur militaire, dont je préfère taire le nom, a particulièrement apprécié, je faisais ressortir, à travers une courte discussion entre une femme togolaise et son fils désirant épouser une fille en formation dans une école militaire, l’ineffable haine que couvent aujourd’hui les Togolais contre leur armée, non l’armée togolaise,  et par là tous les corps habillés notamment la police et la gendarmerie. Dans son long message chargé d’émotion, porté par un ton très fraternel qui m’a ému, ce lieutenant, qui doit vraiment avoir subi plusieurs mésaventures dans sa vie sentimentale juste à cause de son statut de militaire… togolais, semble sincèrement regretter le comportement indigne de ses frères d’armes qui ont fini par donner aux Togolais une très mauvaise image du militaire.

Qu’est un militaire au Togo ? Une brute analphabète sans cœur, un malabar non civilisé et violent s’étant jeté dans l’armée parce que fatigué de passer sans succès son examen de Certificat d’Etudes du Premier Degré, CEPD, et qui est payé par le Rassemblement du Peuple togolais, le RPT, le parti au pouvoir, pour terroriser et tuer les opposants au régime en place.  Nous les avons connus ainsi, comme c’est ainsi qu’ils ont toujours voulu que nous les connaissions.

C’est très émouvant pour nous autres de voir, avec la révolution du monde arabe, le rôle salvateur que peut jouer l’armée dans un pays. Une institution qui a toujours le dernier mot, prête à s’aligner sur les revendications légitimes du peuple souverain, pour stopper un tyran dans sa folie. C’est très touchant de voir à Benghazi, en Libye, des militaires  veillant, prêts à défendre, contre leur vie, la vie des opposants au régime de Mouammar Kadhafi. « Si les forces de Kadhafi attaquent par la terre nous répondrons, s’ils attaquent par les airs nous répondrons… » affirme un officier de Benghazi. Les militaires libyens sont aujourd’hui debout pour protéger leurs frères sans armes contre les terroristes de Kadhafi. Qu’en disent les militaires togolais ?

L’armée togolaise doit se reprocher aujourd’hui beaucoup de choses dans la sempiternelle crise sociopolitique de notre pays. Non seulement elle a aidé Eyadema à asseoir sa dictature pendant presque quatre décennies, mais aussi elle a, à la mort de ce dernier, quand le peuple togolais poussait un ouf de soulagement, se croyant à la fin de son long chemin de Croix, imposé Faure Gnassingbé dans une boucherie jamais vécue dans notre pays. Presque chaque Togolais a perdu, en 2005, ou un parent, ou un ami, ou un conjoint, ou une connaissance proche ou lointaine dans cette tuerie organisée par les militaires togolais sur les ordres des barons du Rassemblement du Peuple togolais. Et comme si la condition actuelle des Togolais ne leur faisait pas pitié, ces sinistres militaires continuent de défendre le régime illégitime de Faure Gnassingbé en terrorisant les civils à la recherche de leur dignité. Les militaires libyens sont aujourd’hui debout pour protéger leurs frères sans armes contre les terroristes de Kadhafi. Qu’en dites-vous,  frères d’armes togolais ?

Il y a au Togo cette conception qui stipule que l’armée togolaise est tribale, et que la majorité des militaires togolais serait du Nord. Je n’y crois pas. Tout comme je n’ai jamais cru en cette dichotomie qui fait du sud du Togo la propriété de l’opposition et le Nord le fief du régime dictatorial du Rpt. D’ailleurs, cette conception ne peut en rien expliquer le comportement incompréhensible de nos militaires qui sont toujours prêts à tuer les civils pour protéger la dictature cinquantenaire togolaise. Nous sommes à peine six millions au Togo, et notre population, malgré ce louche conflit Nord/Sud récupéré par les politiciens – les opposants surtout -, s’est tellement entremêlée que se déclarer aujourd’hui du Nord ou du Sud serait purement se leurrer. Nous avons tous, Togolais du Sud, un frère, ou une sœur, ou un cousin, ou une cousine… qui est marié à un Togolais du Nord. Et chaque Togolais du Nord a d’une manière ou d’une autre une alliance avec chaque Togolais du Sud. Notre division n’est pas arrivée – et n’arrivera d’ailleurs jamais – à cette étape où être un Togolais du Sud ou du Nord pourrait être une barrière pour une union dans notre pays. A moins que ce ne soit dans une de ces familles fanatiques et bornées du Sud qui se croient tellement supérieures aux autres Togolais qu’ils seraient aujourd’hui prêts à exterminer tous les Togolais qui ne portent pas leurs noms qui les rendent si suffisants, malgré leurs multiples insuffisances. Et chaque militaire togolais du Nord, si tous les militaires togolais étaient réellement du Nord, qui tire sur un civil du Sud doit savoir qu’il tue le mari ou la femme, ou le fils ou la fille, ou le cousin ou la cousine d’un de ses frères du Nord. Beaucoup de journaux togolais ont relaté durant le mois de Janvier 2011 des violences gratuites commises par des militaires togolais du camp de Témédja sur des populations de ce village togolais. L’irresponsabilité, l’inculture et l’incivisme sont les seuls mots qui peuvent vraiment expliquer l’attitude des militaires togolais.

L’opposition togolaise n’inspire pas confiance dans l’état où elle est aujourd’hui. Elle n’a d’ailleurs jamais trop inspiré confiance, et ce serait de la pure plaisanterie que de demander aux militaires de destituer Faure Gnassingbé pour donner le pouvoir à ces écrivaillons de romans à l’eau de rose que nous avons à la tête de notre opposition. Mais il faudra que les militaires togolais tirent aujourd’hui des enseignements de l’attitude de leurs frères du monde arabe, pour les prochaines échéances électorales. Ils ne sont pas là pour terroriser les Togolais, tuer les militants de l’opposition, bourrer et voler des urnes pendant les élections, empêcher des marches de protestation, protéger une dictature… défendre un président mal élu, non élu, mais l’Etat togolais. Et défendre le Togo, c’est le libérer de la main de ses usurpateurs que constituent aujourd’hui Faure Gnassingbé, sa sinistre bande du Rpt et quelques leaders de l’opposition bourrés de démagogie, et le donner au peuple, son vrai propriétaire.

Faure Gnassingbé et le Rpt vont chuter. Demain. Après-demain. Un jour. Et le peuple togolais qui est là aujourd’hui, comme un mendiant assis dans un coin de rue tendant la sébile, retrouvera son trésor volé, le Togo. Un peuple qui dit non finit toujours par gagner. Et vous, frères-cauchemars, vous occuperez, dans l’Histoire, avec cette calamité de régime que vous défendez aujourd’hui, la place qu’occupent les vilains sorciers dans les contes et légendes. Celle des bourreaux perdants. Ca, j’y crois. Toujours.

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Commentaires

Tony
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Exact, très exact. Queqlqu'un n'est pas d'accord avec cette proposition?

Kpelly
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Ah, cher Tony
Cet article! Que dire! Quelqu'un n'est-il pas d'accord avec ma proposition? Hum! Grand frère Sami Tchak le disait, écrire c'est mettre son ego sur la table. Mon ego, il est sur la table et je suis obligé de tout digérer.
Merci d'avoir fait un tour dans mon monde
Cordialement

ayi ajavon
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Cet article oublie ceux qui ont défendu la primature, les militaires victimes des successives purges du régime, ceux qui ont essayé de dire non au général. Je veux saluer la mémoire de ces hommes qui ont donné leur vie dans l'anonymat espérant par leur geste redonner sa liberté au Togo.

Kpelly
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Oui, cher Ayi
Beaucoup de militaires constituent aujourd'hui une exception au Togo. Ils ont toujours défendu les intérêts du peuple togolais, parfois même au prix de leur vie. Inclinons-nous devant leur mémoire
Amitiés!