Un carnaval, euh… des carnavaux !

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10 octobre 2010

Un carnaval, euh… des carnavaux !

Un carnaval, euh… des carnavaux !

Etudiante d'un institut privé du Mali

La baisse du niveau de l’éducation dans les pays africains francophones devient au jour le jour un problème très crucial. Les écoles privées, qu’elles soient primaires, secondaires, ou supérieures, qui poussent dans tous les coins de rue comme des champignons, sont désignées comme principales responsables. Dans ces écoles, où la qualification des enseignants n’est pas garantie, raconte-t-on, les promoteurs, encaissant quelques pécules, sont prêts à faire passer avec de très bonnes moyennes les élèves les plus nuls. Le résultat est inévitable, c’est la production de masse d’une élite qui ne peut briller que par son incompétence. On se rappelle qu’avec un diplôme d’études primaires, nos grands-parents et parents étaient aptes à faire un très bon usage de la langue de Molière. Mais aujourd’hui, du Mali au Congo, en passant par le Togo, le Burkina Faso, le Bénin, le Sénégal, le Niger… c’est des étudiants incapables de faire une phrase simple sans une faute grossière qu’on rencontre. Quant à leur compétence dans leurs domaines respectifs, bah !

Il n’est pas possible de concevoir le moindre développement de notre continent avec un facteur humain mal formé. Même si, comme le disait un personnage d’Alain Mabanckou dans le roman Black Bazar (Seuil 2009), nous n’avons pas inventé l’imprimerie et le Bic, ce n’est pas avec nos sagaies que nous écrirons, enfin, une belle page de l’histoire de notre continent. Un peuple mal formé est une masse immonde, une plèbe… une tourbe selon Victor Hugo. Un peuple inutile qui ne peut jamais constituer une nation. Le temps où nous, les Noirs, aurions pu aller à la conquête du monde avec nos couteaux, nos sagaies, nos lances, nos gris-gris… est passé. Aujourd’hui, pour, enfin, briller aux yeux du monde, nous sommes tenus de prouver notre poids dans tous les domaines du savoir : art, sciences, lettres, technologie… Et cela ne peut arriver qu’à travers une très bonne formation.

Trop facile de mettre le fardeau de la mauvaise formation des élèves et étudiants sur le dos des seules écoles privées. Les écoles publiques ne valent pas mieux. Il y règne aussi la corruption, le népotisme, l’impunité, le harcèlement sexuel… Les autorités compétentes comme les inspections – si elles ne sont pas encore corrompues elles-mêmes – doivent mettre sur pied une vraie équipe de contrôle pour vraiment suivre le déroulement des cours dans les écoles publiques et privées. Les bibliothèques scolaires, encore inexistantes dans la quasi-totalité des écoles privées et publiques, sont à garnir de documents conformes aux réalités contemporaines. Les punitions corporelles, qu’on cherche de nos jours à éradiquer dans les écoles, bigre, Dieu seul sait pourquoi, doivent être remises à leur place, mais modérées. Le salaire des enseignants – le sempiternel problème – doit être revu à la hausse.

Et la vente des diplômes dans les ministères de l’Enseignement ? Ah, ça, on y reviendra, c’est un cas à étudier à part, un virus qui a besoin d’un vaccin spécial !

NB : Pour ne pas subir un procès de bidasse – parce que j’évite comme je peux ces gens-là, je précise, chers internautes, que la nana de la photo ci-dessus n’est pas une mauvaise étudiante ! Loin de là !

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Commentaires

tym. mariko
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cela me touche beaucoup de savoir que pour toi je ne suis pas une mauvaise étudiante....même si j'ai l'air d'être top hum...sur la tof...bof pas besoin de faire la présentation, je suis tym et c'est ma tête qui figure sur la tof, aujourd'hui c'est mon anniversaire plus précisément, lol c'est vrai j'ai 21ans today et je me donne l'occasion de donner mon avis sur cet article...bah l'éducation nous préoccupe tous, ca désole de savoir que ca se dégrade, il faut qu'on en parle Dave et je te suivrai jusqu'au bout

Kpelly
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Joyeux anniv,madame, un peu trop tard mais que veux-tu, hein, c'est l'Afrique, et on gère.