Culture

Le jour où Mère Nadine s’est ancrée dans ma vie

 

Nadine Gordimer

Nadine Gordimer

 Pour saluer Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature 1991

 

Dans la soirée du 14 juillet  2014, j’ai appris, sur la chaine de télévision TV5 Monde, la mort, à 90 ans, de l’écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature 1991. J’ai souri. Pas devant la nouvelle de la triste disparition, mais devant le nom de cette grande dame, l’un des écrivains les plus illustres de notre continent, de la littérature internationale. Ah, Nadine Gordimer ! Ce nom, et cette anecdote, la mienne !

Année 1991. J’étais élève en quatrième année, CE2, à l’école primaire publique de Mission Tové, dans la classe de M. Doglo, l’un des maîtres les plus redoutables de l’école, pas pour sa forme physique – il était très mince et pas grand, mais pour les crimes contre l’humanité que son bâton, plus célèbre que le chien d’Ulysse, commettait sur les fesses où il s’abattait dans l’école. La classe de M. Doglo était un calvaire, surtout aux heures des redoutables épreuves de dictée-questions, des exercices de grammaire, de conjugaison, de calcul mental, de calcul rapide…

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Culture

La lettre que je devais à Yambo Ouologuem

Yambo Ouologuem

Yambo Ouologuem

Cher mentor,

Cette lettre, j’aurais dû vous l’envoyer depuis longtemps, depuis 2009, quelques temps après mon arrivée au Mali, où j’ai réellement découvert, réellement compris ce que le Mali et l’Afrique ont fait de vous. Mais je ne l’ai pas fait, parce que je caressais le rêve de vous rencontrer, réussir à vous rencontrer, discuter avec vous, avant de vous l’écrire, ma lettre. Mais voici cinq ans que je cherche à vous rencontrer, vous qui habitez seulement à quelques centaines de kilomètres de Bamako où j’habite, et je n’y suis pas encore arrivé. Pas facile de vous rencontrer et discuter littérature avec vous, vous n’en voulez plus, la littérature, vous ne voulez plus en entendre parler, m’a-t-on dit.

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Culture

Tous les écrivains sont l’Ecrivain

Sami Tchak

Sami Tchak

Note de lecture de « La Couleur de l’écrivain » de Sami Tchak

Sami Tchak représente une singularité dans la jeune génération des écrivains africains francophones nés autour des années soixante. Ce natif du Togo, installé en France depuis 1986, s’est créé son « étrangeté » en inscrivant le décor d’une grande partie de son œuvre pas en Afrique ou en France – comme l’ont fait presque tous les classiques de la littérature africaine francophone, comme le font aujourd’hui la plupart de ses pairs, mais en Amérique latine, notamment au Mexique, à Cuba, en Colombie…

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Politique

Pitié pour notre sébile, Messieurs de la Minusma !

Soldats de la Minusma

Soldats de la Minusma

Messieurs de la Minusma,

C’est un honneur pour moi de vous adresser cette lettre en ce moment crucial de la vie sociopolitique du Mali, vous qui êtes des amis du Mali, comme nous l’a rappelé tout récemment le président malien. Un honneur pour moi parce que, tout comme vous, je suis un ami du Mali, pays où je vis et travaille depuis six ans. Un honneur pour moi, parce que selon la sagesse africaine, il y a des vérités que les amis doivent se dire de temps à autre, pour renforcer leur amitié. Et la vérité, elle rougit les yeux de l’ami, mais les crève pas. Disons-nous donc, chers amis de la Minusma, certaines vérités, entre amis du Mali.

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Politique

Hypocrites, laissez Boko Haram tranquille !

Michelle Obama réclamant les libération des jeunes Nigérianes

Michelle Obama réclamant les libération des jeunes Nigérianes (Crédit image:www.20minutes.fr)

Je sortais de chez moi, jeudi 15 mai autour du huit heures du matin, quand je butai devant ma porte sur la femme du gardien de mon voisin. Elle était tout de rouge vêtue et semblait très pressée. Je lui demandai où elle allait si hâtivement avec cet accoutrement inhabituel. Elle me répondit qu’elle se rendait à une marche de protestation organisée par des femmes maliennes pour réclamer la libération des lycéennes nigérianes enlevées par la secte islamiste Boko Haram. La version malienne du désormais célèbre #bringbackourgirls. J’ai souri, et lui ai demandé si son mari était au courant de son programme. « Bien sûr qu’il est au courant, c’est d’ailleurs lui-même qui m’a demandé d’aller me joindre à la manifestation, tu sais, il est très énervé contre ces barbares qui non seulement ont pris en otage des enfants des gens, mais qui se permettent de les marier et les faire esclaves. » Là, je n’ai pas pu me retenir et j’ai pouffé de rire.

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Société

Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Fin)

Jeune homme africain (Crédit image: www.unmondeailleurs.net)

Jeune homme africain (Crédit image: www.unmondeailleurs.net)

Résumé de la neuvième partie : Le héros, Karim Diallo, gigolo expérimenté, mais malchanceux de temps à autre, est pris dans un engrenage, cherchant à acheter des préservatifs, et des lubrifiants pour lui et un commissaire de police libidineux.

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 « C’est le même jour où ta belle-mère découvre que tu as des molaires cariées que ton beau-père aussi découvre que tu as la bouche qui pue. » Un malheur, disent les Toubabs, ne vient jamais seul.

Drapé dans ses déboires, le gigolo peul avait à peine fait une centaine de mètres en direction du Lycée Descartes que la 4X4, tel un Togolais véreux dans le lit de la femme de son voisin, donna de puissants coups de reins, toussa et s’immobilisa au beau milieu de la chaussée. Le tableau de bord montra que la voiture avait une panne sèche. L’infortuné galant eut à peine le temps de pousser un énième soupir de désespoir quand un tintamarre de klaxons monta derrière lui. Il venait de créer un bouchon sur un des boulevards les plus empruntés de Bamako. Un suicide dans une ville où un article tacite du code de la route stipule que tout conducteur ou associé a la droit d’aller frapper sur le pare-brise de la voiture d’un imprudent qui ose bloquer la circulation, jusqu’à ce que cassure totale s’ensuive.

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Société

Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Neuvième Partie)

Jeune homme africain

Jeune homme africain

Résumé de la huitième partie : Le héros, Karim Diallo, gigolo expérimenté, mais malchanceux de temps à autre, est sauvé des mains d’un tueur djihadiste par un commissaire de police véreux. En récompense de son geste, ce dernier exige que le gigolo aille lui chercher sa maîtresse à l’école avec son 4X4.

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 « A voir la vitesse à laquelle court quelqu’un qui vient de manger une sauce pimentée, on n’a plus besoin de lui demander s’il a la diarrhée ».

Karim Diallo, une fois dans le 4X4 du commissaire de police, s’est très vite rendu compte que ce dernier était un véritable golfeur, tirant en série dans tous les trous qu’il racontait sur son chemin. Quelques indices lui confirmèrent d’ailleurs que le commissaire avait, la nuit passée, commis un énième forfait à la va-vite dans sa voiture, et n’avait pas eu le temps de laver les traces. Des boules de perles en métal coincées dans les encoignures des fauteuils, le bout d’un emballage de préservatif collé sur le tapis du plancher, et, surtout, un fort parfum féminin régnant à l’intérieur. Pas très prudent, ce gros bouc, pensa Karim. Il avait, ce toutou allumé de commissaire, tiré un coup dans la voiture sans nettoyer les traces et envoyait la même voiture chercher une autre conquête. Peut-être que ça ne doit pas être jalouse la maîtresse d’un commissaire de police. De toute façon, entre ruminer en silence la colère d’avoir été trompée et recevoir dix coups de crosse sur la gueule pour avoir osé demander des explications à Monsieur le Commissaire sur celle avec qui il avait joué aux hanches-ball dans sa voiture, le choix doit normalement être très simple pour les maîtresses de Monsieur le Commissaire.

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Société

Ce qui coupe le pénis du cheval se trouve dans le ventre du cheval (Huitième Partie)

Jeune homme africain (Crédit image: www.123rf.com)

Jeune homme africain (Crédit image: www.123rf.com)

Résumé de la septième partie : Le héros, Karim Diallo, gigolo expérimenté, mais malchanceux de temps à autre, est surpris par un extrémiste musulman alors qu’il achetait des préservatifs. Il est poursuivi par le tueur et n’a d’autre refuge qu’un commissariat de police.

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Il fallut aux deux policiers plus d’une dizaine de minutes pour arriver à faire sortir l’infortuné djihadiste du bureau du commissaire pour le diriger vers la cellule des gardes à vue, ce dernier, agrippé des deux mains au bureau du commissaire, hurlant que wallahi, même si on l’enfermait pendant mille ans, à sa sortie il chercherait ce cafre pour l’égorger, le dépecer et donner sa chair faisandée et souillée aux charognards, il sortirait, oui, il sortirait un jour inch Allahou, et il éliminerait un à un tous les cafres, les enfants de chaytan, de la société malienne, après avoir fini avec les cafres du Mali il irait exterminer les cafres des autres pays africains, et après eux il s’attaquerait au cafre des cafres, l’Occident, qu’il ne mourrait pas, wallahi billahi, jamais il ne mourrait tant que tous les vendeurs de haram n’auraient pas disparu de la face de la Terre, inch Allahou !

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