Culture Société

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Sixième partie)

Homme âgé d'Afrique
Homme âgé d’Afrique

Les prophètes aussi aiment la cravache

Kader Konaté a beau vouloir empêcher « Espace Schengen » de s’éparpiller à tout lit et à tout égout dans Bamako, il a beau vouloir la garder, poitrine, derrière et accessoires à lui tout seul, mais aller jusqu’à collaborer avec un serpent ! « Ce n’est pas parce qu’elle est saoulée que la souris part dormir dans le salon du chat », que stipule le dicton. Son visage s’assombrit, donc, quand Karamoko Coulibaly lui proposa de miner Matou au serpent. lire la suite »

Société

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Cinquième partie)

Homme âgé (et branché) d'Afrique (Crédit image: www.liberation.fr)
Homme âgé (et branché) d’Afrique (Crédit image: www.liberation.fr)

Pas très normales révélations

Karamoko Coulibaly, Allah Le Miséricordieux et son Prophète lui sont témoins, n’est pas un marabout, euh, un prophète à faire les choses à moitié. Aussi, quand Kader Konaté, les larmes aux yeux, finit, ce soir, de lui exposer l’humiliation dont l’avait couvert sa femme « Espace Schengen », et proposa la sanction qu’il avait retenue contre elle, le « cadenassage », le prophète Coulibaly se leva en rage, se saisit de sa queue de cheval, mythique objet qu’il secouait quand il invoquait ses partenaires les esprits, se fondit en incantations, faisant succéder les noms d’Allah, de Mahomet et de petits dieux du désert malien dans un mélange aussi hétéroclite que risible. lire la suite »

Société

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Quatrième partie)

Homme âgé d'Afrique
Homme âgé d’Afrique

On ne naît pas marabout-prophète, on le devient

Karamoko Coulibaly, 73 ans, distingué bambara parmi les bambara, est l’un des plus célèbres marabouts du sud du Mali, reconnu de Bamako à Kayes, de Mopti à Koulikoro, de Ségou à Sikasso… Du petit fumeur tellement accro aux Gauloises mal filtrées qu’il y voit l’envoûtement d’un oncle, à la cinquantenaire acariâtre abandonnée par son mari pour une rivale plus jeune et plus jolie, en passant par la jeune vieille fille de 30 ans convaincue qu’elle ne pourra plus trouver un mari sans avoir attaché un des membres virils qui tournent autour d’elle sans jamais lui proposer le mariage, Karamoko Coulibaly est sollicité, tous les jours, par des clients venus de toutes les profondeurs du Mali obombrées par les lourdes ailes de l’obscurantisme. lire la suite »

Société

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (troisième partie)

Homme âgé d'Afrique (Crédit image: www.livegalerie.com)
Homme âgé d’Afrique (Crédit image: www.livegalerie.com)

Le vieux cocu vous emmerde
L’infidélité de la femme, dit l’adage, est comme la puanteur de la bouche : on ne la sent pas soi-même, on se le fait toujours dire par les autres.

Kader Konaté, avait, certes, remarqué, quelques mois après son mariage avec Ouleymatou, que celle-ci avait brusquement changé. Elle avait commencé à passer beaucoup plus de temps à se rendre belle, trop de temps à se rendre belle pour une femme mariée, à porter des pantalons, des jupes et des robes de plus en plus moulantes, à avoir trop le nez collé à son téléphone, pianotant sur l’écran affichant le logo bleu-blanc de Facebook, à chanter des slows français où elle citait des prénoms maliens pour remplacer les prénoms des chansons originales comme : « Nos corps enlacés sur le sable, l’eau qui vient mourir à nos pieds… Ousmane, je t’aiimmmeeee… » ou « Je voudrais dormir près de toi, être là quand tu t’éveilles, au premier rayon du soleil, hohoho, Ibrahim, je voudrais rester près de toi…» lire la suite »

Société

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (deuxième partie)

Homme âgé d'Afrique (Crédit image: www.festival-alimenterre.org)
Homme âgé d’Afrique (Crédit image: www.festival-alimenterre.org)

 

Matou, alias « Espace Schengen »

Astafourlaï ! Qu’Allah, Dieu du Pardon, nous pardonne d’avoir commis une grande injustice vis-à-vis d’un de Ses fils, et pas des moindres, Kader Konaté, en présentant, jusqu’ici, ce dernier comme agent de pointage à la Direction des Impôts du Mali. Non, voici dix ans maintenant que, honteux devant son titre officiel d’agent de pointage, Kader Konaté s’est fait établir une carte de visite où il s’est changé de titre. La carte mentionne : « Kader Konaté, Inspecteur des Impôts de classe exceptionnelle ». Et cette carte, il la distribue partout, sauf dans son service où il est resté, sur les papiers officiels et sur la langue de ses collègues, un subalterne agent de pointage.  lire la suite »

Société

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Première partie)

Homme âgé d'Afrique (Crédit image: www.routard.com)
Homme âgé d’Afrique (Crédit image: www.routard.com)

 

Du temps où on naissait plusieurs fois

Kader Konaté, K2 (K Au Carré) pour les intimes (Et Allah le Miséricordieux est témoin, des intimes, Kader Konaté en a à faire tuer dans la bande de Gaza pendant au moins six mois de bombardements israéliens), K2 donc, est malien. Son premier acte de naissance, celui qui lui avait été établi quand il devait être inscrit à l’école primaire publique de son village indique : « Né vers 1944 », le deuxième, établi l’année où il passait le certificat d’études du premier degré pour lui permettre de tenir dans la grille d’âge autorisée par l’Etat pour être orienté dans un collège public, mentionne « Né en 1948 », et le troisième acte, avec lequel il est entré dans la fonction publique indique : « Né le 31 décembre 1954». Les mauvaises langues parmi ses collègues murmurent qu’il s’est fait établir un quatrième acte de naissance qui le fait naître un 15 juillet 1957, pour lui permettre de repousser de trois ans son âge réglementaire de départ à la retraite… Mais, la date de naissance normale de Kader Konaté, c’est-à-dire celle qu’il déclare quand on lui demande son âge, est « Né le 12 janvier 1958».
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Culture

Le jour où Mère Nadine s’est ancrée dans ma vie

 

Nadine Gordimer
Nadine Gordimer

 Pour saluer Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature 1991

 

Dans la soirée du 14 juillet  2014, j’ai appris, sur la chaine de télévision TV5 Monde, la mort, à 90 ans, de l’écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature 1991. J’ai souri. Pas devant la nouvelle de la triste disparition, mais devant le nom de cette grande dame, l’un des écrivains les plus illustres de notre continent, de la littérature internationale. Ah, Nadine Gordimer ! Ce nom, et cette anecdote, la mienne !

Année 1991. J’étais élève en quatrième année, CE2, à l’école primaire publique de Mission Tové, dans la classe de M. Doglo, l’un des maîtres les plus redoutables de l’école, pas pour sa forme physique – il était très mince et pas grand, mais pour les crimes contre l’humanité que son bâton, plus célèbre que le chien d’Ulysse, commettait sur les fesses où il s’abattait dans l’école. La classe de M. Doglo était un calvaire, surtout aux heures des redoutables épreuves de dictée-questions, des exercices de grammaire, de conjugaison, de calcul mental, de calcul rapide…

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Culture

La lettre que je devais à Yambo Ouologuem

Yambo Ouologuem
Yambo Ouologuem

Cher mentor,

Cette lettre, j’aurais dû vous l’envoyer depuis longtemps, depuis 2009, quelques temps après mon arrivée au Mali, où j’ai réellement découvert, réellement compris ce que le Mali et l’Afrique ont fait de vous. Mais je ne l’ai pas fait, parce que je caressais le rêve de vous rencontrer, réussir à vous rencontrer, discuter avec vous, avant de vous l’écrire, ma lettre. Mais voici cinq ans que je cherche à vous rencontrer, vous qui habitez seulement à quelques centaines de kilomètres de Bamako où j’habite, et je n’y suis pas encore arrivé. Pas facile de vous rencontrer et discuter littérature avec vous, vous n’en voulez plus, la littérature, vous ne voulez plus en entendre parler, m’a-t-on dit.

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