Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (onzième partie)

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Allah protège le pèlerin et les trésors de son entrecuisse

« La guenon qui file pour aller gratter les couilles de son amant et celle qui détale devant la massue d’un chasseur n’ont pas la même ardeur à la course« , dit le proverbe.

El Hadj Boubacar Sylla et son djeli Kouyaté n’eurent pas besoin de se poser des questions sur ce qui était en train de leur arriver, ou plutôt ce qui était en train d’arriver à leur gendre Konaté avant de décoller de leur siège et détaler, chacun de son côté, devant le chien enragé hurlant qui filait vers eux avec la machette de Coulibaly luisant sous les frêles rayons solaires du matin.

Si le griot Kouyaté, aux jambes aussi habiles que sa langue, réussit, en quelques enjambées, à s’infiltrer dans l’une des trois cuisines de la cour, Boubacar Sylla n’eut pas la même facilité à se sauver, justement parce que seulement à la deuxième enjambée, son boubou d’Aladji, ce cafre, dix fois cafre de boubou, lui fit faire un faux pas, au même moment où Kader Konaté, à quelques pas seulement derrière lui, lança sa machette en hurlant : « Meurs ce matin, meurs pour ne plus jamais escroquer un seul Malien avec tes prostituées de filles, vieil escroc ! » La machette, sifflant, passa juste entre les deux cuisses du pèlerin Sylla, au moment où il tentait de maintenir son équilibre, manquant à quelques millimètres près de lui happer ses couilles et autres matériels de travail « intrajambaires ».

Les femmes de la maison, alertées par les cris des acteurs de la lugubre scène, hurlèrent devant cette maudite machette qui filait dans l’entrecuisse de leur mari, se demandant ce que pouvait valoir un homme castré, un homme qui déjà ne leur était utile que par ses prouesses nocturnes au lit. Mais Allah étant toujours grand, Allah Le Miséricordieux ne pouvant jamais laisser Ses filles sans leur pain de chaque nuit au lit, la machette n’effleura pas le bangala et associé de leur mari qui réussit même à rapidement se redresser et se sauver des bras de Kader Konaté qui, en une plongée digne d’un gardien de but italien devant un attaquant anglais, avait bondi droit sur lui pour le plaquer contre le sol.

Les femmes alertèrent des voisins et passants qui vinrent rapidement maitriser K2 avant qu’il ne fonce dans la chambre où s’était retranché El Hadj Sylla. On l’éventa, lui donna de l’eau fraîche à boire pour calmer ses nerfs en feu. Une femme, jouant son Mahomet m’as-tu-vu, proposa même qu’on lui lise quelques versets du Coran pour aiguiser sa piété émoussée, mais la proposition fut rejetée à l’unanimité, l’assistance soutenant que ce n’étaient pas des versets du Coran, aussi saints qu’ils soient, qui allaient restituer au chien enragé son million et demi qu’il réclamait.

Kader Konaté se calma après une demi-heure et accepta de participer à la réunion de famille extraordinaire qui fut convoquée sur-le-champ pour résoudre le problème. Quand le chef de la famille Sylla, un oncle d’Aladji Sylla, lui demanda, à K2, d’expliquer sa mortelle colère, il ne répondit que par une seule phrase : « Je ne veux plus épouser votre fille, je veux ma dot d’un million cinq cent mille. »

La réunion s’allongea de dix heures du matin à quinze heures. Sans aucun compromis. Kader Konaté ne voulait que son million et demi, et plus jamais d’« Espace Schengen ». Les Sylla n’avaient même pas le dixième de la somme à restituer. Par le canal de la langue huilée du faux djeli Kouyaté, ils multiplièrent des proverbes et des proverbes, des adages et des adages, des contes et des contes, des mythes et des mythes pour expliquer à Kader Konaté que depuis la Création la femme a toujours été mauvaise, que si Allah a toujours eu un grand regret dans Sa vie de Dieu c’est d’avoir créé la femme, que si ce n’était pas la femme, l’homme serait encore là au jardin d’Eden en train de se la couler douce, peinard, connecté du matin au soir sur Facebook sans avoir besoin de travailler pour manger, puisque Allah avait tout mis à sa disposition dans le jardin, que wallahi, c’est la femme, erreur de la Création, qui a gâché tout ça, que c’était pourquoi il y avait cet adage qui stipulait que la femme est comme un pet, la garder est un problème pour le ventre, se débarrasser d’elle est un problème pour le nez… que, que, que…

Mais Kader Konaté ne changea pas d’un cheveu sa décision, il ne voulait plus de Matou, il exigeait son million et demi de dot, sur-le-champ, sinon il ferait tomber la tête de son beau-père, de sa belle mère et de plusieurs autres membres de sa belle famille.

A suivre…

8 réflexions au sujet de « Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (onzième partie) »

  1. Ayayaï, je sens que ça va chauffer hein. Espérons qu’un compromis non pas à l’aveuglette comme celui qui se fait très souvent par la classe politique Togolaise ne se fasse avec K2. Avec cette colère qui ne se calme pas il est probable que des proches de Sylla entrent en scène pour calmer le jeu avec des contributions. Après tout solidarité familiale oblige ! Mais en réalité, une dot est-elle remboursable ?

    Wait & see.

  2. vraiment K2 a raison heiinnnnn! De nos jours on a l’impression que nos femmes ont toutes une prostituée qui sommeille en elles. Elles font peur heinnn quelque soit les coups de reins au lit et les cadeaux á la moindre occasion elles baissent le slip…. K2 si tu as besoin de renfort fais nous signe.

  3. Hahahahaaaa, franchement David, tu es un demon de l’humour.
    Les gars, si vous apprenez que je suis mort de rire sachez que le coupable s’appelle David.
    Pour me comprendre, relisez encore la derniere phrase de l’avant-dernier paragraphe. Hihihihihiii

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