Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Quinzième partie)

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 Une bonne femme, ça réveille les raideurs refroidies

« Un bon cuisinier sait reconnaître un goret qui fera une bonne sauce dans le roulement de ses couilles », dit le dicton.

Kader Konaté avait déjà imaginé les folles nuits que la jeune Alimata lui procurerait. Ces deux plantureuses fesses juvéniles et rebelles que tentait vainement de maitriser un slip surchargé, des fesses qui semblaient lui crier, à lui Kader Konaté leur nouveau et sûrement leur premier propriétaire : « Kader fais vite, nous n’en pouvons plus, fais vite, paie la dot et épouse-nous, dompte-nous très rapidement, et laisse-nous te montrer ce que nous pouvons réaliser dans ton lit, épouse-nous vite, Kader… » Oui, ces fesses qui semblaient lui susurrer cette mielleuse invite. Ces perles bine bine et leur tintement tcha tcha tcha suivant les coups de reins de leur patronne. Ces deux seins durs, amandes gonflées de désir, qui n’attendaient que sa bouche pour être tétés…

Il frémit intérieurement un moment, pensant furtivement à sa chose-là, son impolie de machine intrajambaire qui lui jouait de très mauvais tours des fois, se refroidissant en pleine séance de fouille archéologique, ou qui, souvent, ô la honte, refusait de se raidir au bon moment, arrachant des jurons enragés à ses femmes allumées attendant leur becquée, leur pain nocturne. Celle-là, l’Alimata, avec ses courbes et sa croupe de star de porno slovaque, il en fallait vraiment une raideur, une bonne raideur, une raideur qui dure, pour la nourrir à fond. Mais, inch Allah, il trouverait une solution définitive, on lui avait parlé d’un guérisseur chinois d’une banlieue de Bamako qui jurait faire raidir même les cadavres. Il irait le voir, Alhamdoulaye.

Il ne fallait plus attendre, parce que la sagesse stipule que c’est à force d’attendre que la tortue lui ramène de l’eau que la musaraigne ne s’est jamais lavée et sent toujours mauvais. Se dépêcher. Apprivoiser cette petite princesse de plaisir. Très rapidement, avant qu’un preneur plus offrant, un bâtard de paysan bambara ne vienne proposer le double voire le triple de ce qu’il proposait pour la dot. Il isola rapidement son ancien beau-père, son nouveau beau-père, quelques anciens de la famille Sylla, le faux griot Kouyaté et leur demanda de fixer très rapidement la date des fiançailles et du mariage. Il allait tout régler à l’avance, frais de fiançailles et de mariage dès le lendemain… On approuva sa décision et l’applaudit.

La semaine suivante, on fit les fiançailles. Deux semaines après, Kader Konaté épousa Alimata Sylla d’abord à la mosquée, ensuite devant le maire. Une grande cérémonie de mariage avec tous les emberlificotages que peut engendrer un mariage à Bamako : festival de basins jaune, vert, bleu café, rouge… brodés avec toute l’extravagance qui caractérise la ringardise, convoi de motos et de voitures avec de jeunes et vieux conducteurs irresponsables faisant des acrobaties mortelles sur la voie publique en klaxonnant sous le regard amusé des policiers, griots affabulateurs chantant de fausses louanges à des parvenus narcissiques les arrosant de billets de banque neufs, prêches ennuyants et creux de quelques dealers de sourates et lanceurs occasionnels de fatwas carburés à trois verres de mauvais thé…

En à peine deux mois de mariage, Kader Konaté changea. Positivement. Parce que Alima, malgré son jeune âge, était une très bonne femme, une fille très bien éduquée. Bonne à la cuisine. Bonne au salon. Et, surtout, bonne au lit la nuit. L’inspecteur des impôts commença à aller au travail de plus en plus tard, négligeant même certaines de ses « affaires ». Ses cheveux devenaient de plus en plus noirs, la mariée se chargeant, chaque trois jours, de les lui teindre avec du noircissant Yombo. Son visage prenait de moins en moins de rides et dégageait plus de soleil. Et, surtout, son ventre s’arrondissait un peu plus chaque jour, signe extérieur africain de l’aisance et la paix du cœur. K2 était heureux avec sa nouvelle femme, Allah soit loué !

Puis vint ce jour où, après la séance de massage qu’elle lui offrait chaque matin, Alima, miaulant, la main sur le reste de la raideur de Kader Konaté, lui dit en lui mettant la langue dans l’oreille gauche : « Bébé (Kader Konaté était redevenu bébé à plus de soixante-dix ans), bébé, je sais que tu l’ignores, mais tu sais, jeudi prochain c’est mon anniversaire, je veux qu’on le fête en boîte de nuit. A « Texas Boy Night Club », tu sais, il y a une piscine là-bas dans la boîte, on va fêter autour de la piscine, je vais inviter mes copines et leurs copains, hein, hein, tu m’écoutes, hein, hein, hein, bébé, hein ? »

A suivre…

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